JO - Escrime (H)
F.Jeannet, un déçu en argent
Fabrice Jeannet a été battu dans une finale rapide de l'épreuve individuelle d'épée par l'Italien Matteo Tagliariol (15-9). Hormis deux courtes périodes, le Français n'a jamais pu dérouter son adversaire. Il n'a pas caché sa déception après sa défaite.Il y a des médaillés olympiques qui sont heureux sans distinction du métal obtenu. Il y en a d'autres qui sont aux anges parce qu'ils reviennent de loin en accédant à un podium aux Jeux. Fabrice Jeannet n'entre dans aucune de ses deux catégories. Certes il a décroché dimanche sa première médaille en individuel aux JO mais c'est avec le masque qu'il a livré ses premiers commentaires : «
Une médaille d'argent est une médaille de défaite. Perdre en finale ou au premier tour d'un tournoi avec soixante-quatre compétiteurs, c'est la même chose. J'ai beaucoup de tristesse ».
Jeannet a perdu comme il avait gagné en demieLe cadet des frères Jeannet a pourtant pris le meilleur départ dans cette finale, plaçant deux premières touches rapides et donnant l'impression de surfer sur ses précédents succès de la journée. Mais Matteo Tagliariol, dont le seul titre de gloire est une place de finaliste au dernier Mondial, est vite revenu dans la partie. Il a d'abord su piéger Jeannet en réussissant trois touches, alors que c'est justement le Français qui menait l'assaut. Puis, en devançant de peu son adversaire dans un de leurs duels, le Transalpin s'est brutalement échappé au tableau d'affichage (3-7). Entre temps, les deux hommes avaient su faire rire l'assistance en tordant tous les deux leur épée sur une même opposition. De quoi détendre l'atmosphère, sachant que la France attend un succès olympique dans cette épreuve depuis Eric Srecki en 1992 et que l'Italie patiente depuis 1960.
Mais Fabrice Jeannet est bel et bien tombé dans le jeu de son adversaire. Celui-ci a eu pour tactique de fuir jusqu'à l'extrémité de la piste et d'attendre que le Français place une attaque. Curieusement c'est de cette manière que Jeannet avait validé quelques minutes plus tôt son billet pour la finale, en dominant le Hongrois Gabor Boczko (15-12). Semblant acculé, il avait finalement frappé juste à plusieurs reprises. Mais, pour la conclusion de cette journée, cette tactique a donc souri à Matteo Tagliariol.
« Je n'ai pas eu assez peur au ventre »Jeannet a produit un premier effort pour revenir dans le match, touchant trois fois de suite l'Italien à la poitrine (6-8). Pas de quoi inquiéter cependant ce dernier. Rapide dans ses départs à chaque assaut, bien en place, Tagliariol a décidé jusqu'au bout de l'issue du match. Fabrice Jeannet n'a jamais eu la distance sur la piste dont il aurait eu besoin pour s'imposer. A l'arrivée, c'est en près de trois minutes et de cinquante secondes que la médaille d'or est venue s'enrouler autour du cou d'un Italien. «
Pourtant je n'étais pas mal mais lui a été plus incisif, plus costaud, a constaté Jeannet. Il maîtrisé le combat de bout en bout. Moi, je pense que je suis rentré sur la piste en vainqueur. Je n'ai pas eu assez peur au ventre. »
Et le Français continue à revenir sur sa journée. Elle aurait pu se terminer plus tôt que prévu, la faute à un Kirghiz adepte des coups de coquille et de genou. Puis Fabrice a souffert d'un coup reçu au poignet lors de son deuxième combat contre l'Américain Weston Kelsey. Il a traîné la douleur lors de ses matches suivants, ne trouvant jamais ses sensations et ne prenant jamais de «
plaisir ». A l'entendre, il a finalement rejoint dans la déception son frère Jérôme, sorti dès les huitièmes de finale ce dimanche. Les deux hommes repartiront pour de nouveaux assauts lors de l'épreuve par équipes. On espère les voir avec le sourire.
Olivier PAQUEREAU, à Pékin